Congo - Après les Belges

L'histoire du Congo après les Belges ne commence officiellement qu'en 1960, mais les racines des nouveaux temps se forment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La guerre a provoqué une grande révolte au sein de la société africaine. Les femmes ont vu leurs hommes être tués dans une guerre européenne, que n'avait rien a voir avec eux. Les hommes survivants attendaient une compensation pour avoir combattu. Mais les compensations ne sont jamais arrivées. 

Dans le même temps, les soldats ont été en contact avec plusieurs mouvements nationalistes et d'indépendance, notamment en Inde et en Birmanie. Ces contacts ont influencé les mouvements d'indépendance d'Afrique subsaharienne après la guerre. 

Les bouleversements politiques à l'échelle mondiale ont également influencé les changements sur le continent africain. À cette époque, les nouvelles puissances que sont les États-Unis et l'Union soviétique ont des idéologies franchement anti-colonialistes. Du moins en théorie

Les années qui suivent la guerre sont également marquées par l'urbanisation du pays. Le Congo voit ainsi se former deux types de citoyens: d'une part, une classe moyenne instruite et porteuse des nouvelles idées politiques, et d'autre part, une classe populaire souffrant des effets du pouvoir de la trinité coloniale (la Belgique, les entreprises et les missionnaires). 

En 1958, Patrice Lumumba a créé le Mouvement national congolais (MNC). Ce mouvement était très important, car il constituait le premier parti véritablement national du Congo. À cette époque, il y avait une opposition entre les nationalistes et les régionalistes. Lumumba représentait les personnes qui croyaient en un Congo uni et fort. Les régionalistes préféraient une autonomie plus grande pour leurs régions. Ses principaux représentants étaient Joseph Kasavubu et Moïse Tshombé.

Au milieu des troubles politiques croissants au Congo, les autorités belges, qui n'avaient jamais sérieusement planifié la décolonisation de leur empire, ont rapidement improvisé une solution a fin de tuteller l'émancipation du Congo.  Lors d'une Table ronde organisée à Bruxelles en janvier 1960, la date de l'indépendance a été fixée au 30 juin de la même année.


Dès l'annonce de l'indépendance, les conflits ont éclaté. L'organisation initiale était la suivante: Joseph Kasavubu, qui représentait les courants modérés, régionalistes et fédéralistes, était le président. Lumumba, qui représentait les courants nationalistes, radicaux et panafricanistes, était le Premier ministre. 

L'un des plus grands défis auxquels Lumumba a été confronté a été la sécession du Catanga.  Dirigée par Moïse Tshombe, un gouverneur chrétien, anticommuniste et pro-occidental, cette région était riche grace à l'exploration des minéraux et suscitait l'intérêt des pays occidentaux. Moïse était également descendant de Mwata Yamvo, un monarque du ancien royaume Lunda. On comprend donc pourquoi Moïse voulait prendre le pouvoir pour lui tout seul, sans partager avec Lumumba et les autres. Principalement dans le but de profiter seul des relations commerciales avec l'Europe. 

Lumumba a demandé l'aide des Nations unies (ONU) et des États-Unis pour résoudre le problème de Katanga, mais l'aide reçue s'est révélé insuffisante. Il a donc sollicité l'aide de l'Union soviétique. Cela a scellé le destin de Lumumba. En 1961, avec la connaissance de la CIA, Lumumba etait assassiné en Catanga. Ses restes ont été dissous dans l'acide, ne laissant qu'une phalange et une dent. Ceux-ci ont été emportés comme souvenirs en Belgique par un fonctionnaire de ce pays qui a été témoin de tout. En 2024, la dépouille de Lumumba a été restituée au Congo.

Après la mort de Lumumba, Joseph Kasavubu est resté le presidente jusqu'a 1965, quand il a été déchu par Mobuto. Cet événement ouvre un nouveau chapitre long et triste de l'histoire du Congo. Mais qui était Mobuto?

Mobutu va devenir le symbole du dictateur africain, la figure qu'on imagine quand on pense à un leader charismatique et corrompu du continent à la seconde moitié du XX^e siècle. Il est né en 1930 à Lisala. Sa mère, Marie Madeleine Yemo, a dû s'enfuir de son village car il y avait un chef local (propriétaire d'un harem) qui la menaçait. À Lisala, Marie Madeleine a fait la connaissance d'Albéric Gbemani, le père de Mobutu, qui travaillait en tant que cuisinier à la maison d'un juge belge. L'epouse du juge va être très important dans la vie de Mobutu, parce qu'elle va appris a Mobutu le français. Au futur, Mobutu va corriger le français de ses professeurs pendant les cours, un comportement que n'etait pas du tout apprécié par eux.

Marie Madeleine avait trois autres enfants et dépendait de l'aide de sa famille pour les élever. Cette situation les obligeait à déménager fréquemment, et c'est ainsi que la famille est arrivée à Léopoldville (Kinshasa), où Mobutu a effectué ses primiéres anées de scolarité. Après cela, sa mère a décidé de l'envoyer vivre avec un oncle à Coquilhatville (Mbandaka), où Mobutu a étudié dans un internat catholique appelé Christian Brothers School.

Pendant les années du internat, Mobutu s'est démarqué par ses compétences sportives, son sens de l'humour et son indiscipline. C'est pour ces caractéristiques que Mobutu a été envoyé à la Force Publique à la fin de sa scolarité. Le service militaire était une punition fréquente à cette époque-là.

Mais la force publique va constituer un avantage majeur pour Mobutu dans sa vie politique. Il a occupé le poste de chef d'état-major de l'armée, et c'est en tant qu'officier de l'armée qu'il a arrêté Lumumba lors d'un premier coup d'État en 1961 et destitué Kasavubu lors d'un second en 1965. 

Mobutu sera président du Congo de 1965 jusqu'à 1997. Son régime était une dictature. Il a interdit tous les partis politiques car il accusait les politiciens d'être responsables des problèmes du Congo. Il a réprimé toute opposition. Et Mobutu a volé beaucoup (mais beaucoup) d'argent à l'administration publique. En fait, son gouvernement était connu sous le nom de "kleptocratie".

Gbadolite, connu sous le nom de "Versailles de la jungle", était un bon exemple de kleptocratie. Construite par Mobutu, Gbadolite était une ville dotée de trois palais et d'une piste d'aéroport capable d'accueillir le Concorde. Aujourd'hui, il ne reste que des ruines. 







L'une des choses les plus frappantes du régime de Mobutu (au-delà de la kleptocratie) était sa politique d'authenticité. Cette politique essayait de décoloniser la culture du pays en sauvant quelques éléments d'origine africaine. C'est ainsi que le pays a été rebaptisé: Le Congo sous Mobutu est devenu la République du Zaïre. Zaiïre était l'ancien nom de la rivière Congo. Le nom Congo était plus connu parmi les gens de langue anglaise et française. Le nom Zaïre avait une origine portugaise et était plus connu des Africains, probablement en raison du contact plus ancien entre les Congolaises et les Portugais. Le changement est donc logique. 

Le Zaïre de Mobuto avait également un programme spatial. L'OTRAG, une entreprise allemande a payé Mobuto pour faire son projet spatial au Zaiïre dans les anées 70. Cela s'est passé une fois que l'europe, avec le traité de Bruxelles, l'interdit, a l'OTRAG, de développer ses projets en Allemagne. Une fusée a été lancée en 1977, a le regarde de Mobuto, mais quelques minutes aprés elle est tombée sur terre. Pauvre Mobuto. Telles sont les choses qui se passent dans le tiers-monde.

Le gouvernement Mobutu va commencer à tomber après la guerre froide. Les changements dans la politique mondiale vont obliger Mobutu à changer sa façon de gouverner. Il renoncera au monopole du pouvoir sur son parti, par exemple. Mais un dictateur reste un dictateur. En 1990, en réponse à des manifestations critiques d'étudiantes de l'université de Lubumbashi, le gouvernement va couper l'électricité et envahir l'université avec une unité militaire appelée "Les Hiboux". Les Hiboux vont tuer au moins 290 étudiantes. Cela marquera la fin du soutien occidental à Mobuto.

Les affaires avec Runda seront décisives. Mobutu accueillera les hutus radicaux au Zaïre et ordonnera aux Tutsis de quitter le pays. Cela déclenchera une guerre civile dirigée par Laurent-Désiré Kabila. Mobutu s'enfuit au Togo, puis au Maroc. Il meurt d'un cancer en 1997. Laurent-Désiré Kabila devient le nouveau président et le Zaïre redevient le Congo. 

Le gouvernement de Kabila a duré entre 1997 et 2001. Cette période sera marquée par des ambiguïtés. Kabila a travaillé sur la réforme agraire et la nationalisation des entreprises (mais Mobuto a également nationalisé certaines entreprises). Il a combattu la corruption et s'est allié aux pays socialistes. Toutefois, il ne se considérait pas comme un socialiste et a restreint certaines libertés individuelles.

Il y a une curiosité intéressante sur la vie de Kabila. Il a rencontré Che Guevara en 1965, à l'occasion de l'aide de Cuba aux résistances de Moïse Tshombe. Guevara admirait le leadership de Kabila, mais il ne le considérait pas comme quelqu'un de très fiable. Kabila a été tué en 2001 par sa propre garde de sécurité dans des circonstances restant à élucider. Il sera succédé par son fils, Joseph Kabila. 

Joseph Kabila s'est efforcé de restaurer la paix dans le pays et d'unifier l'armée. Il a connu quelques succès et beaucoup de défaite. Il est resté président de la RDC jusqu'en 2019, date à laquelle il a été succédé par Félix Tshisekedi, le président actuel. 

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